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Le Bilan de compétences menacé
12 janvier 2026
Fin 2025, dans le cadre du projet de loi de finance 2026, il a été sérieusement question de sortir le bilan de compétences des possibilités de financement par le biais du CPF, avant que cette réforme soit provisoirement abandonnée.
Le bilan de compétences est en effet un accompagnement très apprécié, qui répond à un besoin réel de prise en compte des aspirations professionnelles des individus. Ce qui signifie également que le recours au bilan de compétences représente un flux financier important dans l’ensemble des dépenses CPF. Un dispositif victime de son succès donc, et qui se trouve dans le viseur du gouvernement, ce dernier cherchant par tous les moyens à diminuer les dépenses de l’Etat, quitte à pénaliser de façon massive les usagers qui y ont recours et les organismes de formation qui le délivrent.
Cette vision court-termiste néglige l’effet transformateur des bilans de compétences sur la trajectoire des personnes, et l’étape nécessaire qu’il représente pour que les personnes puissent choisir avec discernement une voie professionnelle et les formations qui leur conviennent.
Le bilan de coméptences est aujourd’hui en sursis, mais il est à prévoir que de nouvelles restrictions de l’accès au BCA soient annoncés dans les prochains mois.
Une impulsion pour moi à rejoindre les syndicats professionnels des bilans de compétences, afin de défendre collectivement ce dispositif fondamental.
Et pour celles et ceux qui sont dans cette réflexion, pensez à saisir la possibilité d’un financement CPF de votre bilan de compétences, tant que cela est encore possible.
Appel d’air dans le journal Les Affiches
27 mars 2025
Merci à Marguerite pour son témoignage publié dans Les Affiches dans le cadre d’un dossier spécial Bilan de Compétences !
Le bilan de compétences, comme j’aime souvent le répéter, n’a que très peu à voir avec la simple notion de ‘bilan » ou de se limiter à l’identification des « compétences ». C’est un chemin de réflexion, qui implique une profonde introspection, un regard décalé, à la fois distancé et bienveillant sur soi-même, son histoire, sa trajectoire, ses besoins..
Mener une vraie réflexion à deux, démêler les fils de la pensée et des émotions, un travail d’équipe qui n’est possible qu’avec une pleine authenticité et un rapport de confiance entre la personne et le consultant. Je suis souvent admirative du travail de pensée effectué par les personnes que j’accompagne, de leur capacité d’introspection, de questionnement, leur capacité à interroger le monde qui les entoure, et leur propre rapport au travail, notamment.
Merci à Marguerite et à toutes les autres personnes qui me font confiance et qui me permettent, à leur côté, de grandir à mon tour.
Est-ce bien sérieux tout ça ?
L’autre jour, j’attendais une personne que j’accompagne en bilan de compétences, et j’ai ouvert la fenêtre pour profiter de ces merveilleux jours d’été indien qui nous ont été donnés d’apprécier.
Je me suis demandée, « Et si on s’installait dehors sur la terrasse pour faire la séance » ?
Immédiatement rattrapée par la pensée : « Est-ce bien sérieux de prévoir un temps de travail dans un contexte aussi agréable, habituellement associé à la détente (la terrasse au soleil, avec un café et des chocolats)? »
Ah, sacrée culpabilité! Sacré biais culturel qui sous-entend que le travail doit être synonyme de labeur, difficulté, voire souffrance..
Sacré driver « Fais des efforts », mon meilleur ennemi, qui me souffle toujours que si quelque chose est facile et plaisant, c’est suspect ! Je n’aurai pas assez de toute une vie pour m’en débarrasser !
Et pourtant nous avons tellement besoin de réintroduire, réhabilité la notion de plaisir dans le travail ! Non pas dans une perspective naïve (le travail est le plus souvent une contrainte, une nécessité pour gagner sa vie), mais parce que c’est indispensable pour rendre le travail tenable, durable sur le long terme.
La notion de plaisir au travail est selon moi à prendre tout aussi au sérieux que celle de compétences ou de rémunération..
Et vous, est-ce que vous culpabilisez parfois à éprouver du plaisir ou un sentiment de facilité au travail ?
Entre exaspération et fierté, j’ai obtenu le renouvellement de ma certification Qualiopi ave 0 non-conformité !
Etre certifiée Qualiopi sur mon activité Formation ET sur mon activité Bilans de Compétences, c’est pas mal d’efforts, et pas toujours dans le plaisir !
Il y a en effet un certain nombre d’indicateurs qui ne sont clairement pas adaptés à des petites structures, mais plutôt à des gros centres de formations qui forment en masse, et il faut quand même se contorsionner pour rentrer dans les cases (mention spéciale au règlement intérieur, et à la procédure de gestion des abandons par exemple).
Il y a aussi des indicateurs qui font franchement suer, comme celui de la satisfaction des bénéficiaires. Vous savez, les fameux mails pénibles avec des étoiles que vous recevez systématiquement dès que vous allez dans un magasin, ou que vous avez affaire à un service quelconque, qui vous demandent d’évaluer votre « expérience client », à un tel point de systématisme qu’on se croirait dans un épisode de Black Mirror ? Donner des notes, sanctionner, alors même que ces échelles d’évaluation ne font aucune distinction entre l’objet de l’interaction et l’interaction elle-même. On peut ainsi avoir été très bien reçu et conseillé par un médecin qui nous a annoncé une mauvaise nouvelle. Alors, votre satisfaction sur une échelle de 1 à 10 en sortant du RDV ?
Ainsi, en tant que formatrice et consultante en bilans de compétences, j’ai, moi aussi, l’obligation de demander aux personnes avec qui j’ai créé un lien personnel, qui m’ont déposé leur histoire, leurs doutes, leurs problématiques, avec qui j’ai parcouru un chemin, dénoué des situations, élaboré des pistes…., je dois leur demander, donc, à ces personnes, de noter l’accompagnement sur une échelle de 1 à 10.. Et d’insister si elles ne répondent pas ! Moment mortifiant, et largement incongru si on se rappelle que, en particulier dans les bilans de compétences qui sont un accompagnement individuel, c’est l’alliance entre la personne et son consultant qui va produire des résultats, c’est la rencontre entre l’engagement de la personne et le professionnalisme du consultant qui fera la différence, et non les seuls outils et intentions de ce dernier. Alors un grand merci à mes stagiaires et bénéficiaires qui ont pris la peine de répondre à ces fameux questionnaires, généralement avec des notes excellentes ! (information vérifiable car disponible sur demande, comme l’exige Qualiopi ;))
Mais au-delà de mon exaspération, je dois reconnaître qu’obtenir la certification Qualiopi m’a aussi obligée à structurer mes processus, à formaliser beaucoup de choses, à me doter d’outils de suivi qui, réellement, m’aident au quotidien. Je pense ainsi à mes déroulés pédagogiques de formations, que je décris de façon bien plus détaillée qu’auparavant, séquence par séquence, et cela me fait gagner un temps précieux quand je reprends une formation que je n’ai pas eu l’occasion de dispenser pendant plusieurs mois. Les outils de suivi de la veille pédagogique me permettent de prendre conscience et donc de mieux valoriser tout ce que je faisais déjà en termes d’autoformation et de participation à des réseaux.
Et de façon plus générale, Qualiopi oblige à porter un regard sur sa pratique, à « penser » mon métier de formatrice et de consultante, le structurer pas à pas, questionner chacune de mes habitudes à l’aune de la pertinence et de l’efficacité pour mes bénéficiaires. C’est une école de la rigueur et la rigueur a des bénéfices évidents sur la qualité des prestations.
Alors malgré l’exaspération de devoir faire contrôler son processus tous les 18 mois (ce qui, en « temps ressenti » entrepreneurial, donne l’impression que ça se produit tous les six mois), ce n’est pas sans fierté et satisfaction que j’arbore cette nouvelle certification !
Depuis le début de mon aventure Qualiopi, je me fais aider de Catherine Mahious, que je remercie infiniment pour son investissement et la qualité de ses conseils. Elle est un appui précieux qui permet de se sentir soutenue, ce qui est bienfaisant quand on est seule cheffe d’entreprise !
Envie d’être accompagné ?

